Responsable de la Formation : JEAN-MICHEL BRUGUIERE
I-LES OBJECTIFS DE LA RECHERCHE
Les biens culturels et productions culturelles, tant mobiliers, qu'immobiliers représentent aujourd'hui une importante richesse de nos sociétés. Dans le monde du droit, ces richesses renvoient au droit des biens et ne cessent d'interroger cette discipline qui constitue l'un des axes de l'équipe d'accueil avignonnaise, « Biens, Normes et Contrats » et de l'équipe Montpelliéraine, l'ERCIM (UMR 5815) associée par convention au présent Master.
-Les biens culturels et les productions culturelles sont en effet devenues un sujet de recherche original du droit des biens.
Plusieurs travaux récents ( cf notamment V. Parisot, Essai sur la notion juridique de bien culturel, Thèse. Université de Bourgogne, 1993 ; ; M. Cornu Le droit culturel des biens, l'intérêt culturel juridiquement protégé, Thèse, Paris II, 1994 ; J.F Poli, La protection des biens culturels meubles, Paris LGDJ 1996) témoignent en effet de la nécessité d'appréhender les biens culturels au delà des catégories consacrées par la loi ou par certaines conventions internationales. Que l'on considère le produit culturel, le patrimoine culturel ou des classifications plus étroites telles que les œuvres d'arts, les archives ou les fonds archéologiques, il y a toujours à la base l'idée que ces "choses" sont d'une nature particulière que le droit des biens s'efforce de saisir. Parfois, il s'agira d'un intérêt artistique, scientifique, historique à préserver. La prise en compte de cet intérêt culturel juridiquement protégé conduit, dans le droit des biens, à refouler le critère de commercialité. Comme on l'a très justement observé dans une profonde étude sur la notion de bien (R. Libchaber, Biens, Recueil Dalloz, septembre 2002) : " De façon plus actuelle, on peut se demander si les biens culturels ne sont pas en voie d'accroître par le régime de plus en plus particulier qui leur est conféré, cette extra commercialité collective".
En ce sens, le premier objectif pédagogique de la mention recherche du Master consiste à identifier la catégorie des biens culturels.
Une fois cette analyse menée, se pose la question de savoir quel droit s'exerce à son propos. Le bien culturel est au centre de nombreuses opérations juridiques : des opérations de réservation du produit au travers des droits de propriété intellectuelle (et plus particulièrement le droit d'auteur), des opérations de circulation du bien au moyen du contrat, de distribution, de consommation… Le bien culturel continue à faire l'objet d'une appréhension juridique "compartimentée". Il est œuvre de l'esprit dans le droit d'auteur, objet de collection ou monument historique en droit du patrimoine ou encore exemplaire original pour le droit fiscal.
Le second objectif pédagogique du Master est donc de rendre compte de manière unitaire du droit s'appliquant au bien culturel.
La logique de l'enseignement est celle d'une propédeutique qui, sur deux semestres conçus en terme de progression, conduit les étudiants souvent d'une ignorance assez grande de la matière (car peu étudiée dans les Facultés) à une maîtrise progressive de celle-ci à travers l'apport tout à la fois de connaissances et de réflexions tant pratiques que théoriques.
Les enseignements sont répartis en grandes « masses » : propriété, contrats, droit du marché ( cf . maquette des enseignements).
-En contrepoint, le droit des biens, droit commun, permet de mieux comprendre et de rendre compte de la nature et du régime juridique des biens culturels et des productions culturelles.
Les catégories du droit des biens peuvent parfaitement expliquer la nature des richesses culturelles. Le colloque " Le patrimoine, existences multiples, existence unique ?" organisé par le laboratoire "Biens, Normes et Contrats" se proposait précisément de vérifier en quoi la théorie civiliste du patrimoine d'Aubry et Rau (théorie au centre du droit des biens et des obligations) pouvait expliquer les nouveaux patrimoines naturels, culturels (Colloque tenu le 12 mars, cf . présentation in fine Actes électroniques à paraître in " Droit in situ "). C'est cette même démarche de droit commun qui anime toute la thèse de Madame Pélissier tout récemment recrutée par notre faculté afin de renforcer notre équipe de recherche. L'étude de Madame Pélissier (A. Pélissier; Possession et meubles incorporels, préf. M. Cabrillac, Nouvelle bibliothèque de thèses, t.8, Dalloz 2001) vise à démontrer en quoi la possession est susceptible de toucher les meubles incorporels. Une incorporalité qui caractérise profondément les productions culturelles objets du Master. Dans le même sens, nous avions envisagé la transposition de la théorie du domaine public (également "infectée" de matérialisme) au sens du droit administratif du droit des biens, aux archives et à l'information, une autre production culturelle (J.-M Bruguière L'accès aux archives publiques. Existe-t-il un domaine public informationnel ? in Archives et Recherche, l'Harmattan, 2003).
Le troisième objectif pédagogique du Master est donc celui l'approfondissement du droit commun. Avant d'imaginer de nouvelles catégories, d'inventer de singulières nouveautés, l'étudiant devra donc assimiler que le droit des productions et des biens culturels est "du droit dans le droit" et ici, avant tout, du droit des biens.
En ce sens nous faisons notre cette opinion d'un ancien auteur pour qui : " Au moment de s'aventurer sur un terrain nouveau, la sagesse conseille d'user d'instruments déjà soumis à l'épreuve plutôt que de se risquer à en expérimenter de nouveaux".
II-LE CONTENU DE LA FORMATION
M1 Parcours Droit des biens culturels
Semestre 1
Unité Fondamentale (9 ECTS)
Droit des biens 30 h, 3 ECTS
Droit du marché 30 h, 3 ECTS
Droit international privé 30 h, 3 ECTS
Unité Complémentaire (9 ECTS)
Droit du commerce international 30 h, 3 ECTS (cours obligatoire)
Deux cours (30 h, 3 ECTS)à choisir parmi :
Contentieux communautaire/Histoire des obligations
Droit de l'environnement/ Droit des régimes matrimoniaux
Unité d'enseignements appliqués (6 ECTS)
TD Droit des biens 15 h, 3 ECTS
TD Droit du marché ou commerce international 15 h, 3 ECTS
TD à choisir parmi : Droit public des affaires, Droit des successions, Contrats administratifs
Unité d'ouverture (6 ECTS)
Recherche
Crédits libres 2 fois 3 ECTS à choisir parmi les Masters Stratégie du développement culturel ("Sociologie de la culture", "Institutions culturelles", "Analyse des médias" et Métiers de la Conservation (à déterminer).
M2 Droit des biens culturels
Semestre 3 Protection et conservation
U E 1 Séminaire Environnement du Bien Culturel
18 heures, 3 crédits ECTS
Introduction au droit des Biens Culturels
Histoire du droit des Biens Culturels
Economie de la culture
Droit et musique
U E 2 Fondamentaux. Concepts clés
26 heures, 9 crédits ECTS
Propriété intellectuelle
Propriété publique
Le patrimoine
La possession
Catégories juridiques
Les choses communes
Méthodologie du mémoire et du dossier raisonné
U E 3 Fondamentaux Biens. Théorie générale
36 heures, 13 crédits ECTS
Biens culturels, Notions
Biens culturels, Régime
Biens culturels et droit d'auteur
U E 4 Mémoire
5 crédits ECTS
Total Semestre 3 : 80 heures, 30 crédits ECTS
Semestre 4 Diffusion et circulation
U E 5 Fondamentaux Contrats et obligations
25 heures, 7 crédits ECTS
Responsabilité de l'expert, nullité du contrat
Contrats spéciaux
U E 6 Fondamentaux Droit du marché
25 heures, 7 crédits ECTS
Concurrence
Consommation
Fiscalité
U E 7 Séminaires Biens spéciaux
15 heures, 3 crédits ECTS
Le droit des oeuvres d'art et des musées
Le droit des productions numériques
Le droit à l'image
U E 8 Séminaire Circulation
15 heures, 3 crédits ECTS
Conventions internationales et droit européen applicable aux biens culturels
Droit pénal
U E 9 Mémoire
5 crédits ECTS
U E 10 Grand Oral
5 crédits ECTS
Total Semestre 4 : 80 heures, 30 crédits ECTS
Total Master : 160 heures, 60 crédits ECTS
Equipe(s) de recherche à l'appui de la mention : Laboratoire Biens, Normes et Contrats (Equipe d'accueil, Avignon) et ERCIM (UMR 5815, Montpellier I).
Equipe pédagogique :
Jean-Robert Alcaras (Economie, Avignon) Franck Biglione (Droit, Aix en Provence) Jean-Michel Bruguière (Droit, Avignon) Jocelyne Cayron (Droit, Aix en Provence) Marie Cornu (Droit, Poitiers) Bertrand Fages (Droit, Paris XII) Agnès Maffre-Baugé (Droit, Avignon) Nathalie Mallet Poujol (Droit, Montpellier I) Nathalie Moureau (Economie, Montpellier III) Eric Oliva (Droit, Avignon) Anne Pélissier (Droit, Avignon) Jean-François Poli (Droit, Corte) Michel Vivant (Droit, Montepllier I)
Liste des organisations professionnelles soutenant le Master :
DRAC (Aix en Provence) Services culturels de la mairie (Avignon) FRAC (Marseille) Harmonia Mundi (Arles) Editions Actes-Sud Festival d'Avignon Ecole du Patrimoine (Avignon) Union des photographes créateurs (UPC, Paris) Cabinet d'Avocats Monelli (Montpellier) Institut supérieur des techniques du spectacle (ISTC)
III-LES DEBOUCHES PROFESSIONNELS
Secteurs d'activité :
Le master Droit mention Droit des biens culturels débouche, par vocation, sur la préparation d'un thèse de doctorat à la Faculté de droit d'Avignon ou de Montpellier I, avec pour les meilleurs étudiants, l'offre possible de vacations en travaux dirigés, voire de postes d'ATER. Le Master Droit des biens culturels est rattaché à l'Ecole doctorale d'Avignon .
Les débouchés professionnels de ce Master ne se limitent toutefois pas aux carrières universitaires. Outre l'acquisition d'une spécialité pour ceux d'entre eux qui souhaiteraient intégrer un Centre de Formation à la Profession d'Avocat ou l'ENM, le Master droit des biens culturels débouche sur de nombreux emplois dans les secteurs publics et privés.
— Secteur public.
Le Master Droit des biens culturels débouche sur de nombreux emplois dans le secteur public. Que l'on songe aux services centraux et déconcentrés (DRAC) de l'Etat en matière culturelle et artistique. Le plus grand nombre d'emplois se trouve néanmoins dans les collectivités territoriales qui recrutent selon différentes procédures (sans évoquer tous les métiers se développant plus particulièrement au sein de sociétés d'économie mixte, tels que chefs de projet, responsable de marketing, agents de développements, etc .). Le Master pourrait utilement préparer aux concours de Conservateur territorial ou d'attaché de conservation. Dans le même esprit (mais sans concours), le Master « droit du bien culturel » répond aux attentes des Directeur des affaires culturelles, administrateur et secrétaire général, agent de développem ent, manager culturel…
— Secteur privé
Le Master Droit des biens culturels débouche également sur de nombreux emplois dans le secteur privé. De nombreuses professions intermédiaires entre le droit, la création et la culture sont en effet intéressées par les domaines de compétences étudiés dans son cadre.
Dans le monde de l'information : les journalistes culturels ou les attachés de presse d'édition.
Dans la diffusion des œuvres : les conseillers juridiques des maisons d'édition, les éditeurs d'art, les assureurs, les galeristes, les commissaires priseurs.
Contact : Jean-Michel Bruguière ( jmbruguiere@aol.com ) Secrétariat : Valérie Basset, Faculté de Droit, Université d'Avignon, 74 rue Louis Pasteur, 84029, Avignon Cedex 1, 04 90 16 27 45